La sublime couverture de ce roman m’interpellait à chacun de mes passages en librairie depuis plusieurs semaines, et son résumé m’intriguait beaucoup. J’ai fini par craquer, et il n’a pas fait long feu dans ma PAL. Si le dénouement m’a beaucoup surprise, je me suis malheureusement longuement ennuyée au cours de ma lecture et j’en ressors donc un peu déçue...
Au XVIe siècle, le Maroc est sous occupation portugaise et la résistance s’organise dans l’ombre. Aïcha, fille d’un rebelle, est une jeune femme courageuse qui rêve de participer au combat pour libérer son peuple. Mais en elle sommeille une rage profonde, nourrie par les violences et les injustices dont elle a été témoin. Entre résistance, liens familiaux, amour et mystérieuse part de magie, Aïcha va devoir apprendre à maîtriser cette colère qui ne demande qu’à éclater. Une histoire de liberté, de vengeance et de courage, portée par une héroïne forte et déterminée.
J’ai beaucoup aimé les liens qu’entretient Aïcha avec sa grande sœur Samira et son père Fouad. J’ai trouvé leurs relations très profondes et particulièrement bien décrites. J’aurais en revanche aimé que la romance soit davantage développée. Je m’attendais peut-être à ce qu’elle occupe une place plus importante, alors qu’elle reste finalement assez en toile de fond. Aïcha et Rachid sont déjà amoureux dès le début du roman et se connaissent depuis leur enfance. Je n’ai vraiment pas l’habitude de ce genre de schéma, et j’avoue que j’aime beaucoup voir les personnages tomber amoureux, se rapprocher et flirter. Cet aspect m’a donc un peu déçue.
Le problème, c’est que l’intrigue n’a pas vraiment réussi à compenser ce manque. Le siège se prépare pour renverser les Portugais, mais les choses avancent très lentement et il ne se passe finalement pas grand-chose. On ressent assez peu la tension liée à l’arrivée imminente de l’assaut, ce qui est dommage puisqu’un compte à rebours était instauré entre les chapitres. J’aurais aimé ressentir davantage cette urgence et cette appréhension.
Les scènes consacrées à la mystérieuse colère d’Aïcha sont également assez répétitives. Elle peine visiblement à la contrôler, mais les mêmes situations reviennent régulièrement, ce qui devient vite lassant, voire frustrant. J’ai aussi trouvé que cet élément était amené de façon un peu maladroite : on comprend assez difficilement pourquoi cette rage prend une telle forme. J’aurais aimé qu’une véritable enquête sous-jacente se développe autour de ce phénomène. Cela aurait permis d’étoffer l’intrigue, mais aussi de mieux comprendre Aïcha et ce qui l’habite.
Cependant, le dénouement est vraiment original et rejoint la véritable légende d’Aïcha. Ne vous renseignez surtout pas avant de lire le roman, au risque de perdre tout l’effet de surprise ! Pour ma part, je ne connaissais pas cette légende donc je ne m’attendais absolument pas à cette fin, et elle m’a finalement un peu réconciliée avec ma lecture. Je ne peux malheureusement pas en dire davantage sans tomber dans le spoil, mais le dénouement est sans aucun doute, pour moi, le meilleur point de cet ouvrage.
En conclusion, même si j’ai apprécié les relations familiales et que le dénouement m’a agréablement surprise, j’ai malheureusement trouvé le rythme trop lent et l’intrigue assez répétitive. Je suis donc passée un peu à côté de ma lecture, malgré un univers et une légende qui avaient tout pour me plaire. La fin originale aura tout de même permis de relever quelque peu mon ressenti général !
Bon livre (3,5/5)