" Waldo accepte à contrecœur de se rendre à la fête que sa mère, autrice à succès, organise sur la presqu'île. Six cents hectares de liberté, les dunes sous le vent, les criques désertes...
Chaque été, les familles Schnabel et Wilberforce se retrouvent sur une presqu’île sauvage, où leurs enfants grandissent ensemble, nouant des liens qui semblent indéfectibles. Mais derrière les souvenirs heureux se cachent des blessures plus profondes, des violences et des secrets longtemps gardés sous silence. Dix ans plus tard, des retrouvailles font ressurgir le passé et obligent chacun à se confronter à ce qu’il aurait préféré oublier.
J’ai beaucoup aimé les personnages, qui sont tous assez énigmatiques et dont on devine rapidement qu’ils portent leur lot de douleurs. J’ai notamment éprouvé beaucoup d’affection pour Diane, très seule face à son mari complètement misogyne et inutile, mais qui se révèle finalement forte et persévérante. L’écriture de Julia Kerninon est très jolie, et plusieurs passages m’ont vraiment touchée. En revanche, j’ai ressenti une certaine distance tout au long du récit, comme si les émotions restaient en surface, alors que je m’attendais à être véritablement bouleversée. Si cela tient probablement en partie au style de l’autrice, la narration complexe et parfois déroutante n’a certainement pas aidé. Je me suis en effet sentie perdue à de nombreuses reprises, ne sachant plus toujours qui était qui, à quel personnage certains chapitres étaient consacrés ni à quelle période nous nous situions. Je n’étais peut-être pas suffisamment concentrée, mais cette impression de flou est revenue assez régulièrement et m’a beaucoup gênée dans ma lecture.
J’avais rapidement deviné une partie du dénouement, mais j’y vois plutôt une volonté de l’autrice de faire monter la tension à mesure que l’on se rapproche d’une fin qui semble inéluctable. Je reste cependant un peu sur ma faim, car j’en attendais davantage et que la conclusion demeure assez ouverte. J’ai malgré tout passé un bon moment de lecture, même si le roman n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Je le recommande néanmoins aux amateurs de thrillers psychologiques et d’histoires de famille où les secrets et les blessures occupent une place centrale.
" Combien d'heures loin de soi est-ce qu'on devait passer dans une vie ? "

