4 juin 2016

La fille du papillon

Couverture : La fille du papillonAuteure: Anne Mulpas
Edition: Le Livre de Poche (Jeunesse)
Année de parution: 2016
Nombre de pages: 220

Résumé: "Solveig a décidé de débuter un journal intime. Mais attention: le girly, c'est pas son style. Alors pourquoi s'y mettre ? Entre autres, à cause d'un garçon si spécial qu'elle l'a surnommé "le Monde" ; de son père, veuf et volage - papillon, donc ; de son amitié trouble avec la Ni. Solveig ne manque finalement pas de raisons de commencer un journal... ni de fantaisie pour le remplir."








Un grand merci à Aurélie, Cécile et aux éditions Hachette et Le Livre de Poche pour ce livre ! ♥

Mon avis:
Je n’avais aucune attente particulière concernant ce roman. J’étais simplement intriguée par le titre et la couverture. J’avais entendu dire qu’il était particulier, mais je ne m’attendais pas à une telle surprise, à tant de beauté… Ce petit livre est un véritable ovni de la littérature jeunesse.

« Je ne sais pas pourquoi, ma mère a toujours eu peur que je sois en manque de couleurs. Sans doute avait-elle peur de la nuit à venir. Depuis, je taille régulièrement tous ces rescapés d'arc-en-ciel.
Par moments, je m'arrêtais pour vider le taille-crayon par la fenêtre. C'est joli ces petits copeaux qui s'envolent. On dirait que ces infimes bouts de couleur se souviennent, en volant, des arbres qu'ils étaient, là-bas, lorsqu'ils suçaient la terre et frimaient sous le vent. 
Et puis le Monde est arrivé là, par hasard, sous mon nez. Et lui aussi il a regardé les copeaux s'en aller sur la pointe des airs. Alors, je l'ai regardé les regarder. »

Solveig est une jeune fille de 16 ans menant une vie assez solitaire. Sa mère étant décédée depuis quelques temps, elle n’a qu’une véritable amie, Manon, qu’elle surnomme la Ni. Un soir, elle croise le regard d’un inconnu qui va bouleverser son petit monde. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle le surnomme : « le Monde ». On suit ses premiers sentiments amoureux, ses tourmentes d’adolescente, et la douleur du deuil de sa mère qui persiste, mais également la relation qu’elle entretient avec son père, qu’elle aime comparer à un papillon car il butine de femme en femme depuis la mort de son épouse.

« Lorsque tous les petits bouts de crayon eurent disparu, il les regardait encore comme si ses yeux pouvaient les suivre loin, très loin. Comme si ces yeux se fichaient d'être attachés à son corps. Alors, j'ai regardé comme lui, loin, très loin. D'abord, je n'ai rien vu d'autre que le quartier endormi, que la ville clignote par intermittence comme une grosse paupière lumineuse. Et puis, j'ai senti que je pouvais voir plus loin. Que le ciel ne s'arrêtait pas à ce que je voyais. J'ai senti que ma peau, mes os lâchaient prise. En un regard, j'avais appris à voler. »

Il y a relativement peu de personnages dans ce roman, et je ne saurais dire si je les ai vraiment aimés. Ils paraissent tous très distant, mise à part Solveig évidemment. Je pense que c’est un choix de la part de l’auteure, et j’ai aimé ce choix qui contribue au mystère de ce récit, à son atmosphère si particulière. Solveig est une personne très spéciale. Très solitaire, rêveuse, un peu (voire complètement) mélancolique sur les bords. Elle est aussi parfois très égoïste et un brin angoissante, j’ai eu de sérieux doutes sur sa santé mentale durant certains passages. Grandissant sans la présence d'une mère, elle se cherche probablement plus que les autres. C’est véritablement une fille pleine de poésie. J’ai beaucoup apprécié sa relation avec Manon, qui frôle les sentiments amoureux. C’est selon moi un aspect très intéressant du livre.
Sa relation avec « le Monde » est en revanche beaucoup trop irréaliste selon moi, trop rapide. Solveig est tout de suite dépendante de lui, alors qu’ils n’ont même pas encore fait connaissance, j’ai trouvé ça un peu gros et niais. Même si la scène du coup de foudre était magnifique, j’ai eu beaucoup de mal à croire en ce couple.

« Je voudrais que le Monde arrive et me prenne dans ses bras. Sans rien dire. Pas un mot, pas un poème. Les mots ne savent rien dire parfois. Juste son corps. Juste ses bras. »

Anne Mulpas a un style d’écriture vraiment à part. J’ai beaucoup de mal à le décrire. Il est unique sans aucun doute, original et très poétique. Certains passages n’étaient pas particulièrement tristes, et pourtant ils étaient si beau que je sentais des larmes prêtent à me monter aux yeux. Cette plume m’a émerveillée, il n’y a pas d’autre mot. Elle est sans aucun doute le plus gros point fort de ce livre.
L’atmosphère est elle aussi très particulière, on est dans la tête d’une jeune fille très spéciale, qui a parfois des pensées qui pourraient faire penser à de la folie.
La fin m’a en revanche pas mal déçue. Il ne s’y passe rien de marquant, le reste du livre étant pourtant quelque peu troublant, je m’attendais à une grosse révélation. C’est dommage parce que ce roman aurait pu être un bien joli coup de cœur si la fin avait été à la hauteur.

« Cours d’histoire. La guerre, la guerre, la guerre.
Il était une fois…
Emploi du passé comme si l’histoire n’existait plus.
Flashes divers. Afrique, Amérique du Sud, Corée de Nord.
Irak, Tchétchénie…
Baisse la tête, petit français.
Surtout ne regarde pas autour de toi. »

La fille du papillon a beau être un court récit, il n’en est pas moins bouleversant, avec une héroïne tantôt magnifique, tantôt détestable, mais surtout déroutante. Je le recommande à tous ceux qui sont tentés par ce livre, n’attendez juste pas trop de la fin et tenez-vous prêt à découvrir un style vraiment unique.

Excellent livre

4 commentaires:

  1. Je n'en avais jamais entendu parle de ce livre. Mais ta chronique donne envie et la couverture est magnifique

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  2. Je ne connaissais pas du tout mais je dois dire que ta chronique est très intriguante. Merci pour la découverte :)

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  3. Je ne connaissais pas ce livre mais ce que tu en dit me donne bien envie de le découvrir :)

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  4. Hey ! ta chronique est super, mais est-ce que tu pourrais rajouter le prix dedans ? ce serait une bonne idée, non ? sinon, super travail !

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